Mythes et légendes de l’animation

Avant de commencer cet article sur les mythes et légendes nous tenions à remercier Anne-Laure (A-L.P), qui a rédigé la quasi totalité de cet article. Suite à de nombreuses interventions sur les « c’est interdit », que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans notre milieu professionnel, nous avons voulu éclaircir quelques points. Par le bouche à oreille, on nous a informés qu’un document sur ce même sujet était en cours de réalisation et nous nous sommes rapprochés de cette personne. Donc merci à elle pour son partage.

 

 

Vie quotidienne :

Un garçon et une fille de plus de 6 ans ne peuvent pas dormir dans la même pièce.

Faux. Article R227-6 Code de l’action sociale et des familles « Les accueils avec hébergement mentionnés à l’article R. 227-1 doivent être organisés de façon à permettre aux filles et aux garçons âgés de plus de six ans de dormir dans des lieux séparés. Chaque mineur hébergé doit disposer d’un moyen de couchage individuel. » Aucune interdiction n’est fa

ite quant aux chambres mixtes. Il faut simplement que le lieu d’accueil permette de séparer filles et garçons pour les dortoirs.

Dans un camp (camping) il faut obligatoirement séparer les tentes filles des tentes des garçons, il est interdit de les mettre côte à côte.

Faux. Ici encore, aucune obligation n’est faite sur l’organisation des couchages. Seule obligation : article R227-6 du Code de l’action sociale et des familles

Un animateur garçon peut s’occuper des filles en vie quotidienne (chambre, douches).

Vrai. Un animateur homme peut être référent d’une chambre de filles, tout comme une animatrice femme pourra l’être pour une chambre de garçons.

Il faut obligatoirement un animateur dans les douches.

Faux. Une obligation particulière de sécurité est imposée aux animateurs que ce soit lors des activités ou lors de la vie quotidienne. Les animateurs doivent assurer la sécurité physique et morale des mineurs dont ils ont la charge et la surveillance. Il convient donc d’être attentif au moment des douches qu’aucun incident ne survienne, sans pour autant empiéter sur l’intimité de l’enfant qui se lave !

Les maternelles ne sont pas pudiques.

Vrai et faux. La notion de pudeur apparait vers l’âge de 4 ans en général, au moment où les enfants s’aperçoivent que leur corps est différent de celui des autres. Chaque enfant ayant sa propre sensibilité, certains seront plus pudiques que d’autres, même à 3 ans. D’autres enfants n’auront en revanche aucun soucis à se balader nu dans les couloirs après les douches ou en sortant des toilettes.

Il faut que les enfants restent allongés pendant le temps calme (1h après le repas).

Faux. Aucune obligation à allonger les enfants après le repas. Il y a très souvent un moment de fatigue après le repas (début de la digestion), il suffit d’adapter les activités aux besoins de l’enfant : sieste pour ceux qui sont le plus fatigués et qui le demandent, tapis pour se reposer pour ceux qui ne veulent pas aller au dortoir, jeux calmes pour ceux qui le souhaitent.

On est obligé de réveiller les enfants tous en même temps.

Faux. Rien n’empêche d’organiser des réveils libres, où l’enfant se lève lorsqu’il a fini de dormir et est pleinement reposé, peu importe qu’il soit 8h ou 10h. Pour rappel : ils sont en vacances !

Les enfants de 3 ans peuvent ne pas faire de sieste.

Vrai. La sieste n’est pas obligatoire. En revanche, le respect du rythme de l’enfant est important : il faut prévoir des moments plus calmes dans la journée, mais aussi dans la semaine. Tout comme les adultes, les enfants ne sont pas à fond toute la journée. De plus, il faut prévoir des nuits suffisamment longues pour qu’ils se reposent correctement… Quitte à raccourcir les veillées.

Un animateur peut rester seul dans une pièce avec un enfant.

Vrai. Vous pouvez très bien vous retrouver à devoir aider un enfant à la douche, ou devoir l’aider à se changer après un pipi au lit. Par précaution pensez à prévenir au moins un autre membre de l’équipe d’animation, et ne pas vous enfermer à clé dans une pièce avec l’enfant.

Le taux d’encadrement doit être respecté pour chaque groupe à tous les moments de la journée.

Faux. Il suffit que le taux d’encadrement global sur la structure soit respecté. On peut donc se retrouver avec 5 enfants de + de 6 ans dans une pièce, et un autre animateur avec 15 enfants dans une autre.

On peut se passer d’inventaire en début de colo.

Vrai. Le long et fastidieux inventaire n’est pas obligatoire, il est surtout très intrusif dans les affaires des enfants… Pour les plus jeunes des alternatives existent : vous pouvez par exemple les aider à plier et à ranger dans les placards. Vous en profiterez alors pour vérifier s’il a toutes les affaires nécessaires, ou si des lessives seront à prévoir.

Les maternelles sont incapables, il faut tout faire à leur place.

Faux. Ils sont justement en plein apprentissage ! C’est l’âge du développement de la motricité fine (tenir un stylo, dessiner proprement, découper…). Il faut donc au contraire les aider à apprendre et à maîtriser leurs gestes. Faire à leur place ne les aidera pas, au contraire.

On peut dormir dans un centre de loisirs.

Faux. Ils ne sont pas déclarés comme « locaux à sommeil ». En raison des risques qui ne sont pas les mêmes, vous ne pouvez pas dormir dans le centre de loisirs(même dans les dortoirs).

 

 

Repas :

On peut faire un atelier cuisine avec les enfants.

Vrai. On peut très bien organiser un atelier cuisine avec les enfants. Il faut simplement respecter les règles d’hygiène (lavage des mains, plan de travail propre, ustensiles propres, traçabilité des aliments…), de stockage, de cuisson, et de conservation. Une seule interdiction : la présence d’animaux dans la cuisine.

On n’a pas le droit de cuisiner avec des œufs.

Faux. Ici encore, il faut respecter les règles d’hygiène, de stockage, de cuisson, de conservation. La crainte la plus courante avec les œufs est la contamination par la salmonellose, souvent transmise par les déjections des poules.

Il est interdit de prendre les repas en pyjama en colonie.

Faux. On est en vacances !

On peut mettre des couteaux à tables pour tous les enfants.

Vrai. Il suffit juste d’être plus vigilant avec les enfants qui ont des difficultés à s’en servir, à les aider, et à leur apprendre à s’en servir correctement.

Il est interdit de manger des fruits cueillis pendant la balade.

Faux, mais nuancé. La cueillette de fruits en pleine forêt et campagne n’est pas sans risque. Manger ces fruits en l’état peut transmettre certaines maladies. En effet, les fruits trouvés près du sol peuvent être touchés par l’urine et les excréments de certains animaux (comme le renard). Les excréments du renard peuvent transmettre des maladies comme le ver solitaire. Donc rien d’interdit, mais il vaut mieux cueillir des fruits en hauteur (hors d’atteinte des déjections d’animaux ou d’humains…), et bien connaitre les fruits comestibles !!

Il faut manger à 1 mètre du sol.

Faux. Il faudrait donc annuler nos pique-niques s’il n’y a pas de table en bois ?

L’estomac peut se retourner si l’enfant est trop actif après le repas.

Faux.Le retournement de l’estomac est un syndrome qui touche uniquement les chiens,

 

Addictions :

Les mineurs n’ont pas le droit de fumer (cigarette).

Faux. Et oui, la loi française est faite bizarrement : les n’ont pas le droit de vendre du tabac (ou en offrir) à un mineur, mais les mineurs peuvent en fumer. Malheureusement cette loi interdisant de vendre du tabac à un mineur est très peu appliquée par les buralistes. Code de la santé publique, Articles L.3512-12 et R.3515-5

Un mineur doit avoir l’autorisation de ses parents pour fumer.

Faux. Il est donc inutile de demander une autorisation parentale pour les mineurs qui fument sur les séjours. En revanche, rien ne vous empêche de faire de la prévention.

Les mineurs n’ont pas le droit de boire de l’alcool.

Faux. Ici aussi, comme pour le tabac : seule la vente à un mineur est interdite. De même est réprimée l’ivresse sur la voie publique, et l’incitation à une consommation excessive d’alcool. CODE DE LA SANTÉ PUBLIQUE : ART. L. 3342-1, L. 3342-3

Equipe d’animateurs :

On ne peut pas laisser un animateur stagiaire seul.

Faux. On peut laisser un animateur non-diplômé seul? Bon bah alors… Il faut savoir qu’un animateur est considéré comme « stagiaire » tant qu’il n’a pas le diplôme en poche. Le statut de stagiaire ne s’applique pas uniquement sur un stage pratique.

Il faut obligatoirement une équipe d’animateurs composée d’hommes et de femmes.
Faux. Les compétences ne découlent pas du sexe de la personne embauchée. Seule exigence : minimum de 50% de diplômés sur le total de l’effectif requis et maximum 20% de non-diplômés sur le total de l’effectif requis
Article R227-15 Code de l’action sociale et des familles

Les animateurs peuvent venir travailler en jupe.

Vrai. Du moment que la tenue ne les gêne pas pour leur travail et rentrent dans le cadre légal, les animateurs peuvent s’habiller comme ils le souhaitent

Si une équipe d’animation est mixte : l’homme doit s’occuper des activités sportives et la femme des activités manuelles.

Faux. Aucune obligation. La répartition se fait en général selon les compétences et selon les envies.

L’Assistant Sanitaire doit obligatoirement être une femme.

Faux. Pour être AS il suffit d’avoir au minimum le PSC1, d’avoir une bonne organisation, beaucoup de patience. Le sexe de la personne n’est pas pris en compte. Arrêté du 20/02/03 art. 2 « Sous l’autorité du directeur, un membre de l’équipe d’encadrement est chargé du suivi sanitaire. Dans les centres de vacances (séjours de vacances), il est titulaire de l’attestation de formation aux premiers secours ».

L’équipe doit obligatoirement être composée d’animateurs BAFA et de stagiaires.

Faux. L’effectif requis dans une équipe doit être composé au minimum de 50% de diplômés sur le total de l’effectif requis et maximum 20% de non-diplômés sur le total de l’effectif requis.
Article R227-15 Code de l’action sociale et des familles

On peut travailler en tant qu’animateur dès 14 ans

Vrai. Le travail est autorisé dès 14 ans, mais avec des horaires de travail et des temps de pause aménagés.
https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idSectionTA=LEGISCTA000006189718&cidTexte=LEGITEXT000006072050

On peut boire de l’alcool au 5ème repas.

Vrai, et faux. La loi permet aux chefs d’entreprise d’autoriser la consommation de certains alcools sur le lieu de travail (vin, bière, cidre, poiré). Mais : il peut aussi décider de l’interdire totalement.
De plus : vous êtes responsable d’enfants, même quand ils dorment. Il vous faudra être efficace dans toutes les situations d’urgences pouvant survenir (incendie, maladie, cauchemar…). Pour rappel : l’ivresse est, elle, totalement interdite. CODE DELA SANTÉ PUBLIQUE : ART. R. 3353-1

Seuls les fumeurs peuvent prendre une pause.

Faux. Dès que le temps de travail quotidien atteint six heures, le salarié bénéficie d’un temps de pause d’une durée minimale de vingt minutes. La pause doit être rémunérée lorsque le temps de pause peut être assimilé à du temps de travail effectif. Cela signifie que durant cotre pause vous rester çà disposition de votre employeur. Cela arrive souvent en ACM pour des raisons de normes d’encadrement et de sécurité. Quoiqu’il en soit le droit du travail est le même pour les fumeurs et non-fumeurs.

Les animateurs n’ont pas le droit de dormir dans la même pièce que les enfants.

Faux. Article R227-6 du code de l’action sociale et des familles « L’hébergement des personnes qui assurent la direction ou l’animation de ces accueils doit permettre les meilleures conditions de sécurité des mineurs. »

Les animateurs doivent manger avec les enfants.

Faux. Ce n’est en aucun cas une obligation. Toutefois le repas est un moment convivial, d’échange, de partage, il est donc plus agréable de manger tous ensemble. De plus, avoir un animateur à table avec les enfants permet de réguler le chahut et le bruit si besoin.

Pour avoir de l’autorité, il faut crier.

Faux. Vous aurez juste la voix cassée le lendemain, et les enfants et collègues auront la migraine. Rien de bien bénéfique au final !

Les directeurs ne se trompent jamais, il faut toujours les écouter.

Faux. Toujours vérifier les textes et ne pas croire tout ce que les animateurs, directeurs, formateurs et sites internet peuvent dire.

Un animateur doit obligatoirement jouer avec les enfants.

Faux. Rien d’obligé. Mais jouer avec permet de tisser des liens, et réguler si besoin.

Si on surveille bien les enfants, ils ne tombent pas.

Malheureusement, c’est faux. Il y a toujours des risques de blessures, même en surveillant attentivement.

Il faut obligatoirement un animateur diplômé du SB pour que les enfants puissent se baigner.

Faux. Il existe des situations dans lesquelles il n’y a pas besoin d’animateur SB pour que les enfants puissent se baigner :
– lorsqu’il s’agit d’une baignade surveillée et aménagée (piscine municipale par exemple, ou bord de mer) : des personnes qualifiées sont présentes (BNSSA, MNS…)
– lorsque les enfants ont + de 14 ans, un animateur majeur peut encadrer la baignade, alors même qu’il n’a pas de diplôme spécifique.
Dans tous les autres cas, un animateur détenteur au minimum du diplôme de SB sera obligatoire. VOIR:Baignade aménagées , Baignade en dehors des piscines ou baignades aménagées

Je peux laisser les enfants se baigner même si le drapeau à la plage est orange.

Vrai. Le drapeau orange signifie baignade dangereuse, mais surveillée. Il semble cependant très peu prudent de laisser les enfants dans l’eau si le drapeau orange est hissé, et en général les maîtres-nageurs demandent aux groupes d’enfants de sortir de l’eau.

Si un enfant a chaud : je lui dis de mouiller sa casquette pour qu’il se rafraîchisse.

Vrai et faux. Cela va dépendre de la situation. Si l’enfant a la tête sèche, alors sa casquette ne doit pas être mouillée, sinon il y a risque d’insolation et de coup de chaleur. Si la tête est mouillée (sortie de baignade par exemple), alors la casquette doit être mouillée pour éviter l’effet cocotte-minute.

Il est interdit de bander les yeux à un enfant pour un jeu.

Faux. En revanche vous êtes garant de la sécurité physique et affective de l’enfant. Si cela lui fait peur il vaut alors mieux varier le jeu et trouver une autre solution.

On a le droit de jouer aux chaises musicales.

Vrai. Mais comme toujours, être vigilant sur la sécurité.

Il existe une liste de jeux interdits par Jeunesse et Sports (les PJC).

Faux. Belle légende de l’animation, il n’y a aucune liste de jeux interdits. En revanche, les jeux qualifiés de PJC (petits jeux cons), sont souvent des jeux qui peuvent comporter des risques pour la sécurité des enfants, des jeux bien souvent humiliants. Voir article PJC

On n’a pas le droit de jouer au téléphone arabe.

Faux. Une petite polémique est apparue par rapport au nom du jeu, qui apparaît comme raciste. Un simple changement de nom (ex : téléphone sans fil), et le souci disparaît.

On n’a pas le droit d’utiliser le mot « foot » sur le planning, il faut dire « jeux de ballon ».

Vrai. Ce qui est interdit, c’est l’apprentissage de gestes techniques (si aucun des animateurs n’a de diplôme d’entraineur dans cette discipline). Rien n’empêche d’organiser des tirs de précision dans le cadre d’un jeu, ou des passes sans se faire prendre le ballon. Dans ce cas-là : ce n’est pas une activité football.

On peut laisser les moins de 14 ans utiliser une scie sauteuse

Vrai. Comme à chaque fois : on veille à la sécurité (gants de protection, tenue adaptée, espace dégagé, protection des yeux si besoin…).

On peut laisser un maternelle (3-4 ans) utiliser des ciseaux.

Vrai. On veillera à la sécurité des enfants (pas de gestes brusques, apprendre à tenir correctement les ciseaux, dégager l’espace de découpage…). On peut même les laisser (sous supervision d’un adulte) utiliser un cutter !

On ne peut pas laisser les mineurs en autonomie.

Faux. Une nouvelle fois, la seule exigence est celle de la sécurité. On peut donc organiser des quartiers libres avec les enfants en les adaptant selon les tranches d’âge.

Il est inutile de demander l’avis des enfants pour faire une activité.

Faux. Votre activité marchera mieux si elle est faite à la demande des enfants : normal, ils auront envie de la faire ! Encore une fois : ils sont en vacances, ils sont là pour se détendre, pour profiter, pas pour subir. Et même si l’activité ne vous plait pas à vous, ou si ça fait déjà la deuxième fois de la semaine : vous ne travaillez pas pour faire des activités qui vous plaisent à vous.

Les filles ne peuvent pas jouer au foot avec les garçons, il faut leur prévoir un créneau à part.

Faux. Tout comme des garçons pourront être intéressés par des activités maquillage, vernis, coiffure, cuisine, ou danse par exemple. Les filles pourront avoir envie de jouer au foot, sans être mises
à part. Cela peut même aboutir à une diminution des tensions filles-garçons selon les âges.

Il faut obligatoirement faire une activité en rapport avec les fêtes : Noël, fête des mères, fêtes des pères…

Faux. Nombreuses fêtes religieuses sont devenues culturelles (ex : Noël), certains enfants ne les fêtent pas spécialement. Avec l’augmentation des situations familiales compliquées, il est aussi parfois délicat de faire faire aux enfants un cadeau pour la fête des mères ou la fête des pères. De plus, bien souvent à l’école ils font déjà quelque chose… Autant en profiter pour leur faire découvrir de nouveaux jeux ou nouvelles activités.

Déplacement:

Il y a des places interdites dans un car.

Vrai. Article 46 Arrêté du 2 juillet 1982 relatif aux transports en commun de personnes. Les autocars ne comportant pas de places debout peuvent comporter un siège basculant ou pliant, dit
« siège de convoyeur », offrant une place assise dans le passage d’accès à la porte de service située à l’avant et à droite du véhicule. Ce siège, réservé à un membre d’équipage (…)
Le bon sens fera qu’un animateur est placé au niveau des issues de secours, afin de permettre une évacuation rapide et efficace en cas de problème.

Sur une route on marche toujours à gauche pour faire face au danger.

Faux. Article R412-42

I. – Les prescriptions de la présente section relatives aux piétons ne sont pas applicables aux cortèges, convois ou processions qui doivent se tenir sur la droite de la chaussée dans le sens de leur marche, de manière à en laisser libre au moins toute la moitié gauche.

II. – Elles ne sont pas non plus applicables aux troupes militaires, aux forces de police en formation de marche et aux groupements organisés de piétons. Toutefois, lorsqu’ils marchent en colonne par un, ils doivent, hors agglomération, se tenir sur le bord gauche de la chaussée dans le sens de leur marche, sauf si cela est de nature à compromettre leur sécurité ou sauf circonstances particulières.

III. – Les formations ou groupements visés au II ci-dessus sont astreints, sauf lorsqu’ils marchent en colonne par un, à ne pas comporter d’éléments de colonne supérieurs à 20 mètres. Ces éléments doivent être distants les uns des autres d’au moins 50 mètres

Les déplacements à pied nocturnes sont interdits.

Faux . Encore une fois dans l’Article R412-42

IV. – La nuit, ou le jour lorsque la visibilité est insuffisante, chaque colonne ou élément de colonne empruntant la chaussée doit être signalé :

1° A l’avant par au moins un feu blanc ou jaune allumé ;

2° A l’arrière par au moins un feu rouge allumé,

visibles à au moins 150 mètres par temps clair et placés du côté opposé au bord de la chaussée qu’il longe.

V. – Cette signalisation peut être complétée par un ou plusieurs feux latéraux émettant une lumière orangée.

VI. – Toutefois, pour les colonnes ou éléments de colonne à l’arrêt ou en stationnement en agglomération, l’emploi des feux prévus au présent article n’est pas requis lorsque l’éclairage de la chaussée permet aux autres usagers de voir distinctement les colonnes ou éléments de colonne à une distance suffisante.

Il est obligatoire de se placer sur les côtés du passage piéton pour faire traverser les enfants.

Faux. Il est interdit d’entraver la circulation. Article L412-1. Tout conducteur est tenu de céder le passage aux piétons régulièrement engagés dans la traversée d’une chaussée et à ceux circulant dans une zone de rencontre ou une aire piétonne. Article R415-11. De plus, beaucoup d’encadrants font des gestes avec leurs bras sans en connaitre leur signification.

Sans entraver la circulation, il peut être prudent d’encadrer le groupe pour la traversée.

Il faut respecter les taux d’encadrement pour les déplacements à pied

Faux. Il n’existe aucune réglementation obligeant un taux pour les déplacements à pied. Cependant, il peut y avoir des DDCS, des communes  ou organisateur qui peuvent vous l’imposer. Il faut savoir aussi qu’en cas d’incident, le juge prendra probablement en compte les taux d’encadrement et estimera qu’il y a eu un manque de prudence.

Sexualité / Santé :

Si une ado tombe enceinte pendant un séjour, le directeur est légalement reconnu comme en étant le père.

Faux. En France, le lien de filiation est reconnu automatiquement avec la mère (sauf cas d’accouchement sous X). Pour le père, une présomption existe en cas de mariage, mais seule la déclaration à l’état civil déterminera légalement le père.

Les enfants de moins de 15 ans n’ont pas le droit d’avoir de rapports sexuels.

Faux. Cette idée de majorité sexuelle qui donne le droit d’avoir des rapports sexuels provient d’une mauvaise lecture de la loi. En effet, les relations sexuelles entre mineur de 15 ans et majeur sont
prohibées (atteinte sexuelle). Mais aucun texte n’interdit deux mineurs d’avoir des rapports sexuels entre eux, peu importe leur âge.

Les rapports sexuels entre mineurs (colons) sont interdits pendant le séjour.

Faux. Légalement, deux mineurs ont le droit d’avoir des rapports sexuels entre eux. Seules interdictions : le viol et l’agression sexuelle.

Il faut un certificat médical pour toutes les activités sportives.

Faux. Il est nécessaire pour la plongée subaquatique, les sports aériens et vol libre.

Les rapports sexuels entre animateurs sont interdits pendant les séjours.

Faux. Comme pour les mineurs entre eux, les seules interdictions sont les agressions sexuelles et le viol.

Si deux jeunes ont un rapport sexuel pendant le séjour, il faut appeler les parents.

Vrai et faux. Si malheureusement le rapport n’était pas protégé, il va certainement falloir faire un dépistage, et parfois un traitement préventif + un bilan dans les 5 mois qui suivent le rapport. On a alors une obligation de tenir les parents informés car la santé de l’enfant est en jeu. Toutefois, la loi sur le secret médical permet, lorsque la situation le justifie, de ne pas informer les parents.

L’AS ne doit pas donner de tampon à une fille vierge qui a ses règles et qui en fait la demande.

Faux. Le tampon n’a aucune incidence sur la virginité.

Un mineur doit avoir l’autorisation de ses parents pour avoir des relations sexuelles

Faux.

Un animateur majeur peut avoir un rapport sexuel avec un mineur pendant le séjour.

Faux. On tombe sous le coup de l’atteinte sexuelle (réprimée par le code pénal). Pour les atteintes commises sur un mineur de 15 ans (comprendre : un enfant âgé de moins de 15 ans), vous encourrez cinq ans d’emprisonnement et de 75.000€ d’amende. Sur les mineurs âgés de 15 à 17 ans : 3 ans de prison et 45.000€ d’amende, car vous avez une autorité sur le mineur. Un animateur ayant 17 ans est considéré comme un adulte détenteur de l’autorité. Une relation sexuelle même consentie entre un animateur âgé de 17 ans et un mineur de plus de 15 ans est considéré comme une infraction pénale répréhensible.

Il est interdit de donner un préservatif à un ado qui le demande.

Faux. Au contraire, cela permet aux mineurs de se protéger. Seule interdiction : inciter les enfants à avoir des relations sexuelles.

Les fiches sanitaires doivent être consultables à tout moment pour toute l’équipe encadrante.

Les informations que comporte ce document sont confidentielles, et ne doivent être transmises à l’équipe si nécessaire. Le directeur décidera de transmettre ou non les informations à son équipe dans le but de de protéger la sécurité physique et morale des mineurs.

Un homme ne peut pas répondre à une ado qui vient lui parler de ses règles / lui demander un tampon, il doit l’envoyer voir une animatrice.

Faux. S’il a les connaissances nécessaires il peut lui répondre.

Si le parent nous dit de donner du paracétamol à un enfant :

Faux. Les seuls médicaments qu’on peut donner à un enfant sont ceux qui ont été prescrit par un médecin (ordonnance écrite, ou ordonnance orale par un médecin du SAMU).
Définition du médicament (code de la santé publique) :
« On entend par médicament toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales, ainsi
que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l’homme ou chez l’animal ou pouvant leur être administrée, en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique. Sont notamment considérés comme des médicaments les produits diététiques
qui renferment dans leur composition des substances chimiques ou biologiques ne constituant pas elles-mêmes des aliments, mais dont la présence confère à ces produits, soit des propriétés spéciales recherchées en thérapeutique diététique, soit des propriétés de repas d’épreuve. Lorsque, eu égard à l’ensemble de ses caractéristiques, un produit est susceptible de répondre à la fois à la définition du médicament prévue au premier alinéa et à celle d’autres catégories de produits régies par le droit communautaire ou national, il est, en cas de doute, considéré comme un médicament. »
Exercice illégal de la médecine : article L4161-1 du Code de la santé publique

Le froid nous rend malade.

Faux. Le froid en lui même ne nous rend pas malade. Ce qui nous rend malade est la proximité de personnes souvent en intérieur sans ventilation donc les virus se transmettent plus facilement. Quand il fait froid, votre système immunitaire est fragilisé et les virus sont plus résistant.

Quand le nez saigne, il faut pencher la tête en arrière.

Faux. Il ne faut pas allonger la victime ou pencher sa tête en arrière. car vous ne verrez pas si ça saigne. Puis vous risquez, si le saignement est important, que le  sang passe dans les poumons au lieu d’être dégluti.

Religion :

Un animateur peut porter une croix chrétienne en collier.

Vrai et faux. On doit s’abstenir de toute manifestation d’appartenance religieuse dans le cadre de l’activité de garde d’enfants. Par manifestation d’une appartenance religieuse, il faut entendre toute adhésion à un culte susceptible d’avoir une influence sur l’enfant, par exemple des discours, des prières, des tenues…
Dans le service public (et la fonction publique), les signes religieux ostentatoires (visibles) sont tout simplement interdits. Pour les organismes privés il faut se référer à leur règlement intérieur.

Un enfant peut prier pendant un séjour laïc

Vrai. Il est interdit d’interdire la pratique d’un culte à un enfant. En revanche, cette pratique peut être encadrée (salle mise à disposition pour les enfants souhaitant prier par exemple). Cour d’Appel Administration de Lyon, 2 arrêts du 18 avril 2013.

Divers :

On a le droit à 10% de perte d’enfants sur un séjour.

Faux ! Si vous partez avec 100 enfants, il faut revenir avec les 100 mêmes enfants. D’où l’importance de compter, compter, et encore compter les enfants dont on a la charge ! Autre détail : selon les centres il y a plusieurs colos au même endroit, attention à bien avoir tous vos enfants (et ne pas échanger les enfants avec l’autre séjour).

Il faut obligatoirement un thème pour les semaines ou les mois (séjour/centre).

Faux ! Vous pouvez très bien organiser des jeux et activités sans avoir besoin de vous référer à un thème. Le choix d’un thème découle souvent de la volonté du directeur, ou bien du « on a toujours fait comme ça ». N’oubliez pas que vous travaillez pour les enfants, quel intérêt d’imposer un thème « On a marché sur la lune » si seulement 3 enfants sur 50 sont intéressés par l’astronomie ? Si vous tenez à faire un thème, il est intéressant de demander l’avis aux enfants concernés (dans la mesure du possible).

On n’a pas le droit de faire de l’auto-stop avec les enfants.

Faux, mais nuancé. Il n’existe aucun texte interdisant de faire de l’auto-stop dans le cadre d’un accueil collectif de mineurs (ACM). Cette pratique – bien que fortement déconseillée pour des raisons évidentes de sécurité – peut tout de même s’avérer utile en cas d’urgence.

Il est interdit de parler politique ou religion en ACM

Faux, mais nuancé. On confond souvent la neutralité du Service public (et des agents du service public), et l’interdiction de parler politique. La neutralité du Service Public correspond à une impartialité des agents. Cela signifie donc qu’il n’est pas interdit pas de parler politique ou religion de manière neutre. Ce qui est interdit : c’est le fait d’inciter à rejoindre cette religion ou ce parti politique.

Les animaux sont interdits en ACM

Faux, mais nuancé. Ils ne sont pas totalement interdits, mais l’accueil d’animaux doit répondre à des exigences strictes (Règlement sanitaire départemental) : identification, vaccins à jour, dépistage des maladies (rage…). Autre texte : Arrêté du 25 octobre 1982 relatif à l’élevage, à la garde et à la détention
des animaux

On peut être payé moins que le SMIC horaire.

Vrai ! Article D432-3 Code de l’action sociale et des familles La rémunération des personnes titulaires d’un contrat d’engagement éducatif ne peut être inférieure à 2,20 fois le montant du salaire minimum de croissance par jour. Lorsque les fonctions exercées supposent une présence continue auprès des publics accueillis, la nourriture et l’hébergement sont intégralement à la charge de l’organisateur de l’accueil et ne peuvent en aucun cas être considérés comme des avantages en nature.

Les poux sautent.

Faux. Ils ne sautent pas. Le seul moyen d’être le hôte de ces petites bêtes et le contact avec une tête ou textile infestés.

Les poux ne viennent que sur les têtes sales.

Faux. Vous pouvez avoir une hygiène irréprochable et être infesté de poux.

Les formateurs ne disent que des choses vraies, pas besoin d’aller vérifier.

Faux ! Au moindre doute il faut aller vérifier. Et même sans doute, en cas d’activité ou de comportement où vous vous interrogez : allez consulter Légifrance. Ce site contient toutes les lois françaises applicables. Il n’y a rien de plus dangereux que les « on-dit », ou pire « on a toujours fait comme ça ». Attention : certains sites ne sont pas fiables à 100%. Même s’ils sont très pratiques

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